Berlin, 1944. La Seconde Guerre mondiale fait rage. Charlie Rivel se produit dans la capitale allemande depuis trois ans, contraint de respecter son contrat avec les théâtres berlinois. Son succès est fulgurant et le régime nazi l'adore. Lors d'une représentation, un agent de la Gestapo, Krauss, l'«invite», lui et son partenaire Wizi, à faire une prestation pour la fête d'anniversaire du Führer. La situation se complique lorsque Krauss dévoile son projet de se produire avec Rivel. Malgré son rêve d'être un grand clown, Charlie constate très vite que Krauss n'a aucun talent, mais ils sont bien obligés d'accepter la proposition et c'est au grand dam de Rivel que Witzi lui confie qu'il pense que l'art clownesque pourrait être un moyen de s'opposer au nazisme…
Le "Clown et le Führer" a été filmé à Barcelone, entièrement en catalan. L'adaptation par Eduard Cortès de la pièce de théâtre de Gerard Vazquez, elle-même inspirée d'une histoire vraie (en 1944, le célèbre clown catalan, qui avait quitté Berlin au début du gouvernement d'Adolf Hitler et s'était installé au Danemark, fut contraint par le régime nazi de revenir pour honorer les contrats qu'il avait signés avec les théâtres berlinois) est superbement interprétée. Des projections saisissantes d'images d'archives sur les camps de concentration et sur le sort tragique des millions de Juifs dans le chaos des rues de Berlin contrastent avec la situation difficile des clowns.
Le réalisateur de ce téléfilm, a conservé une bonne partie de la distribution originale de l'œuvre théâtrale de Vàzquez, y compris l'acteur principal, Ferran Rañé.
Le film a reçu :
le Prix du meilleur film de fiction au Festival du film de San Joaquin en Californie, États-Unis en 2008
le Prix du meilleur film au Festival international du film d'Anchorage en Alaska en 2007
le Prix du public au Festival du film télévisé européen Zoom à Igualada en Espagne en 2007,
et bien d'autres…
La force narrative du « Clown et le Führer » réside dans le fait qu'il est inspiré de faits réels impliquant deux figures charismatiques de renommée mondiale : Charlie Rivel, le clown catalan populaire, et Adolf Hitler, l'un des dictateurs les plus cruels de l'Histoire. Le plus clownesque des deux n'est peut-être pas celui que l'on croit... si l'on n'avait pas envie d'en pleurer, ils nous feraient bien rire, finalement, tous ces dictateurs quels qu'ils soient. Hitler et Mussolini (voir le film de Charlie Chaplin "Le Dictateur"), Pinochet, Kim-Il-sung, Franco, Salazar, Putine et tous les autres sont plutôt cocasses dans leurs numéros. Malheureusement, on dirait qu'ils n'ont pas compris combien ils peuvent être ridicules et ils continuent à vouloir conquérir le monde. Quelle ironie !
Josep Andreu Lasserre, connu artistiquement sous le nom de Charlie Rivel, était un éminent clown, mime, acrobate, et trapéziste né par hasard à Cubelles, non loin de Barcelone en pays Catalan, où ses parents, qui étaient artistes de rue se produisaient dans un cirque (probablement le cirque Cagniac) en avril 1896.
Fils de l'espagnol Andreu Pausas et la française Marie-Louise Lasarre (Lasserre en Catalan ?), Charlie Rivel a débuté sur la piste alors qu'il n'avait que 3 ans dans le groupe Los Rivels constitué de ses frères Paul-Polo Rivel et René Rivel. Il connaîtra un grand succès quelques années plus tard en parodiant son idole, Charlie Chaplin, dans un numéro de "Charlot " au trapèze, numéro imaginé par lui. C'est d'ailleurs en l'honneur de Charlie Chaplin que lui vient son prénom de Charlie. Mais c'est dans un autre numéro avec ses frères qu'il a connu le plus de succès. Il s'agissait d'un numéro où il fallait construire un petit pont humain avec des acrobates jusqu'au moment où l'édifice tombait. Alors, Rivel lançait son leitmotiv devenu légendaire : « Akrobat? Schöön! (Acrobate? Oh !)
Le personnage de Rivel était caractérisé par sa robe rouge distinctive. D'après sa biographie, un jour, alors qu'il essayait un t-shirt rouge très long, sa femme lui dit qu'il avait l'air très drôle et qu'il devrait le porter ; à partir de ce moment, son personnage prit une nouvelle dimension.
A-t-il été contraint par les Nazis ou non ? Les avis sont très partagés là-dessus. Certains disent qu'il avait embrassé le nazisme, d'autres qu'il avait quitté l'Allemagne et que ce n'est que par la contrainte qu'il serait retourné à Berlin. Ce qui est sûr, c'est qu'après guerre il a eu une longue dépression due aux atrocités qu'il avait vu.
Il ne reviendra sur scène qu'en 1952 et remportera à nouveau un franc succès.
Quelques temps après, en chemin pour l'Espagne où il devait se produire à Barcelone, il lui revint à la mémoire qu'il est né non loin de là et qu'il n'avait jamais vu sa ville natale. Il reviendra donc à Cubelles en 1969 où il se fait construire une maison. Un Musée : "l'Exposicio Permanent Del Pallasso Charlie Rivel" y verra aussi le jour et il y recevra le titre de fils préféré de la ville et une école y sera nommée en son honneur.
En 1970 Fellini réalise son beau film en hommage aux artistes de cirque : "Les Clowns". Charlie Rivel y est en bonne place avec son costume distinctif et son style inimitable, il est présenté dans le film comme l'une des plus grandes incarnations de l'art clownesque.
En 1974, à l'âge de 84 ans, il reçoit des mains du Prince Rainier, le Clown d’or du premier Festival International du Cirque de Monte-Carlo. La même année les Postes suédoise et espagnoles éditent un timbre à son effigie.
En 1983 il recevra La Creu de Sant Jordi (Croix de Saint Georges), une des plus hautes distinctions décernées par la Generalitat de Catalogne, en Espagne.
C'est à l'âge de 86 ans qu'il annonce son deuxième mariage. Il était seul et avait besoin de compagnie, comme il l'expliquait en 1982, un an avant sa mort. Il a épousé la femme avec laquelle il vivait déjà depuis quelques années, Margarita, qui avait 58 ans.
Le 26 juillet 1983, Charlie Rivel décède à Sant Pere de Ribes et est enterré à Cubelles. Sa tombe est un lieu d'hommage pour ceux qui se souviennent de lui comme de l'un des plus grands clowns de l'Histoire.
Pour finir avec ce sujet, la seule résolution à peu près correcte que j'ai trouvé a un logo un peu gênant, mais il est quand même plus regardable que l'autre version de 267 mo. J'avais pensé à réduire la taille de l'image pour dissimuler ce logo mais je trouve dommage de faire ça. Si par hasard, vous aviez une meilleure image, je réadapterai volontiers le sous-titre à celle-ci. La seule aide que j'avais pour faire ce sous-titrage était un srt de Youtube, ce qui n'est déjà pas si mal, mais c'est dire aussi que le travail a été assez difficile et j'ai dû passer plus de deux mois pour en venir à bout.













2 commentaires:
Merci infiniment pour le taf.
Un film totalement inconnu pour moi. J'ai adoré l'extrait que vous proposez. Merci pour ce partage.
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